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Né en 2003, je vis et travaille à Paris. Je développe depuis une dizaine d’années une pratique plastique

articulée autour de la peinture, des images imprimées et de la musique.

Ces recherches plastiques s’enracinent dans une expérience personnelle et sensible de la ville et du monde

extérieur. D’origine grenobloise, j’ai très tôt appris à naviguer dans l’espace public et à lisser certaines de

mes spécificités (grande taille, orientation sexuelle). L’anonymat que m’offre la capitale depuis quatre ans

me permet d’entretenir un rapport plus libre, plus poreux, avec l’environnement urbain.

 

Mes allers-retours réguliers entre Paris et Grenoble, entre densité urbaine et paysage montagneux, territoires

gentrifiés et quartiers populaires, façonnent une topographie intérieure où s’entrecroisent à la fois élans

d’émancipation et résurgence du stigmate. Dans ce flux ininterrompu, des images surgissent, des situations

s’entrechoquent et des narrations se téléscopent. La peinture devient alors le lieu possible de leur mise en

forme ; un champ d’interférences ou se percute des expériences, vécues ou rêvées.

Mon travail propose d’explorer ces va-et-vient à travers une sélection de

peintures et de monotypes. Dans ces mondes, l’intimité s’infiltre dans la rue, les frontières entre intérieur et

extérieur se dissolvent et les repères vacillent. Les fauteuils s'extraient des bureaux ou des cabinets de

psychanalyse et investissent l’espace public. Le visiteur pourra ainsi entrer dans ces interstices, à s’y

déplacer, à s’y asseoir, et à s’y reconnaître en tant que sujet sensible et incarné.

À travers ces œuvres, ce sont aussi des corps et des subjectivités qui prennent place dans les espaces

représentés. Dès mes débuts, je m’attache à questionner les corps minorés et les trajectoires identitaires.

Qu’il s’agisse de portraits, d’autoportraits, ou de figures anonymes, chaque scène dévoile une intimité parfois

délicate qui oscille entre invisibilité et désir de revendication. Ces images composent un paysage mental

traversé par des expériences queer, où les individus circulent, s’assemblent, ou se retranchent dans un silence

inévitable.

Mes peintures sont construites à partir d’un agencement d’images diverses : photographies personnelles,

captures d’écran issues d’internet, plans cinématographiques ou images d’archives. Le travail de la touche et

de la couleur agit comme un liant, organisant ces fragments en une unité plastique. Tantôt contenue dans la

forme, tantôt libérée dans l’espace de la toile, la couleur structure la lecture de l’image. Elle module

l’atmosphère et transforme le réel en un espace sensible.

 

Récemment diplômé d’une licence en Histoire de l’art et archéologie, je m’inspire également des recherches

actuelles en anthropologie, ainsi que du travail de plusieurs artistes contemporains — Peter Doig, Andrew

Cranston, Salman Toor, Claire Tabouret, Tom de Pékin — dont les pratiques interrogent, chacune à leur

manière, les liens entre narration picturale, espace, mémoire et identité.

Presses

Interview, visite de l'exposition "A l'Air libre ", juillet 2024, Jamais Assez Toujours Trop

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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